Écrire « habiter » avec Marie Bourgea.

Villefranche, « perle du Rouergue », l’automne colore l’écrin. La ville s’aborde par de grands virages. Prudence et harmonie temporelle. Par où commencer ? Comment s’écrit cette ville ?

J’arpente maintenant sa bastide : rues parallèles, croisements à angles droits, ruelles pavées au parfum de Moyen Âge. La place Jean Petit découvre son histoire et écartèle la comptine. Les boutiques fermées attristent le présent. La ville me perd et cache la géométrie de son cœur. L’espace cartographie la page blanche de ce lieu que j’investis sans racines. Tout sera à écrire à la suite des pointillés que je viens de tracer sur le fil de ma vie. Découverte.

La place austère cloîtrée par ses arcades jalouse le silence. C’est jour de marché. Elle déborde d’étals, de couleurs, d’odeurs, d’éclats de voix que timbre le sud. Je mesure l’idée de faire son trou dans ce paysage humain qui m’ignore. L’Histoire pèse lourdement autour de la collégiale.

Puis je descends jusqu’à la rivière. L’Aveyron traîne silencieusement sa permanence sur une faille entre deux espaces minéraux qui décident du végétal qu’ils portent. J’y trouverai le goût de la châtaigne et de la noix de mon enfance. La vie serait elle une ronde qui réalise les rêves ?… Enfin.

Je la découvre, ligne liquide barrant la ville. L’été l’a asséchée et elle attend avec impatience que le ciel pleure pour déborder dans l’absorption des autres. Je connais. J’aime déjà ses ouvrages qui relient les berges que la société bétonne, ponts entre deux lieux de vie. Je vais habiter cette perle qui me devient précieuse, l’investir, la partager. Prendre le temps.


Écrire un texte pauvre mais qui donne une atmosphère avec JP. Michallet.

Les aiguilles courent sur le cadran. Sandra s’active. Après le ménage, le repas l’occupe. Elle s’organise, épluche, découpe, présente, nettoie. Tout est propre et net. Le four chauffe. Cuisson pendant qu’elle dresse la table. Ne rien omettre, disposition parfaite, assiettes et couverts en harmonie, en accord avec le plat. Les aiguilles continuent leur course. L’air s’emplit d’odeurs appétissantes. Comme toujours, malgré la perfection apparente la jeune femme reste tendue. Le four indique que le moment est arrivé. Elle court se faire belle. Ils sont à table. Les félicitations d’usage réchauffent. Sandra se détend.

Et le poing explose sa pommette et la fait renverser de sa chaise. Elle a oublié le sel.


Mettre en mots ce qui n’en a pas, l’invisible, partager l’a priori impartageable…avec M. Bourjéa.

Voyage, porte moi en terre étrange

Et garde l’amorce du changement souhaité.

Cri de douleur, début de l’histoire

L’après mystérise les murmures qui suivent.

Qu’on retrouve ma trace sur un chemin forcé

Ou que je termine entourée par la lettre de trop

J’ai le choix de regarder en face l’événement cité.

Pudiquement je peux me cacher pour rester avec elles

Derrière l’anonymat du mot que l’orthographe désigne

Et sentir le regard du signe en délivrer les sens.

Que de possibles en ces lettres, que de rêves en chantier

Que le temps accumule et alourdit sans pitié

Ils aspirent l’âme solitaire à associer,

Dans la traversée du monde, les chemins à trouver.