A deux ans elle disait déjà non à tout ! Les parents souriaient : « ça lui passera, c’est l’âge ! »

A sept ans elle disait encore trop souvent non… L’entourage s’inquiétait ! « Un caractère bien trempé ! » NON, elle ne mangerait pas la chair des animaux qu’elle chérissait tendrement, NON elle ne mettrait pas ce manteau ridicule qui l’encombrait, NON aux chaussures vernies qui écrasaient les orteils pour aller à la messe du dimanche !

Et d’ailleurs – à quinze ans – NON, elle n’irait plus à la messe dorénavant et NON, elle ne voulait pas continuer des études puisqu’elle voulait visiter le monde et rencontrer des gens différents… La panique s’installait dans la famille et le quartier. On ne sortirait décidément rien de ce crâne buté ! Alors on a essayé les punitions, les encouragements, les restrictions et les cadeaux. Sans résultats ! On a voulu qu’elle comprenne qu’elle devait tenir sa place dans la société.

Quelle place et quelle société ? On l’a enfermée dans sa chambre, elle a enjambé la fenêtre… Puis du pensionnat s’est évadée… C’était encore et encore NON ! Une âme perdue, un âne bâté, il fallait bien « laisser tomber » !

Bien sûr elle a fait passer « la charrue avant les bœufs »,  la maternité avant le mariage, les études avec la maturité, les rêves fous avant les priorités quotidiennes… Elle a connu des amours tumultueuses, des fins de mois difficiles, des exaltations passagères et des expériences désastreuses.

Et tout doucement elle a osé dire OUI à la vie, aux petits et grands bonheurs et sans réserve « OUI » à l’instant présent !

Mais NON elle ne sera jamais là où on l’attend sur le chemin de l’uniformité et de l’ennui !

Marijo