Je m’appelle François. Je sais, c’est un nom peu commun pour un animal ! Mais je ne suis pas ordinaire. Figurez-vous que moi aussi, il y a quelques années je marchais sur 2 pattes.

Asseyez-vous donc, que je vous raconte ce qui m’est arrivé..

J’étais un homme de 40 ans. Le bel âge me direz-vous ! Seulement il ne me convenait pas. Je me trouvais beau, mais l’idée que mon physique n’allait pas durer me minait gravement le moral. Voyant que je ne n’avais plus goût à rien, mon épouse me parla de cet homme Omar Ben Salim et de sa boutique dans la rue de la lampe. Elle m’expliqua que l’on disait que ses pouvoirs étaient assez conséquents. Si quelqu’un pouvait m’aider ce serait bien ce diable d’homme !

Je n’y croyais pas. Il faut dire qu’en ma qualité de consul de Villefranche, je me devais d’être plutot matérialiste. Mais voilà. On peut bien pretendre tout ce qu’on veut, quand l’âme est désespérée, on balaye bien vite ses croyances !!

A couvert sous ma tunique, un soir de juin, je me faufilais chez ce marchand de Magie. A peine entré dans sa cour, je fus asssailli d’odeurs fleuries, qui me souhaitaient la bienvenue. Je poussai la porte entrouverte de la boutique.

Illuminant la pièce de mille feux, un nombre considérable de lampes à huile trônaient sur des étagères en acajou. Au centre de la pièce, à la place d’un comptoir, se trouvaient d’énormes coussins et un petit homme moustachu y était mollement assis à la manière d’un pacha. Autour de lui, flottaient de petites nuages de toutes les couleurs, dégagés par des pendules à encens.

J’avoue. Ce spectacle me fit paniquer et je voulu retourner à mes pénates. Hélas, le bonhomme ouvrit les yeux à cet instant, ce qui m’empêcha de lui tourner le dos. Muet, j’écoutais Omar s’adresser à moi sur un ton las :

  • Que veux-tu, homme de pouvoir ? Cherches tu l’espoir en mon humble demeure ?

Ses yeux pétillants de malice me firent déglutir, tandis que j’enchaînais une réponse rapide :

  • Je cherchais la jeunesse éternelle, mais euh… Je doute que vous puissiez m’aider.. euh bon, ben…euh.. bonne soirée !

Et je me retournais pour partir. Il se leva brusquement et m’aggripa la bras :

  • Attends ! Je ne peux t’offrir la jeunesse éternelle.. MAIS je peux t’offrir mille vies !

Hypnotisé par son regard ambré, tout mon coprs se saisi. Sans dire un mot, j’acquiescais de la tête. Il plongea alors sa main dans une de ses poches et sortit une petit fiole. Encore sous le coup de la surprise, je fixai l’intérieur vert luminescent et les petits fils qui flottaient à la surface. Il porta la fiole à hauteur de sa joue et me dit :

  • Es-tu certain du choix de cette existence aux mille vies ? Tu ne mourras jamais, sans cesse renouvelée sera ta naissance… et tes vies changeront sans doute ton âme à JAMAIS !

C’est sûr que la façon de dire ces mots aurait dû me faire changer d’avis. Parfois, je me remémore sa dernière phrase, et je me dis que lui-même sans doute ne savais pas exactement ce que ça produirait. Mon insupportable soif de jeunesse l’emporta. Je pris la fiole à pleine main et, persuadé de gagner ainsi quelque éternité, je bus entièrement le contenu de la fiole.

Et me voici devant vous, transformé à jamais. Je n’ai pas eu le choix du résultat. Un seul animal offre 1 milliers de vies. Un seul peut devenir garant de cette éternité de chances.. Mais je dois avouer, après toutes ces années, je crois que je suis fier d’être devenu un chat.

Peyrine.