Pépites de vie en Afrique

On dit des Africains qu’ils sont beaux, qu’ils sont sales… enfantins, nonchalants, sauvages, honnêtes, fiers, chatoyants, imprévoyants, malins, astucieux… Si vous flânez un matin sur un marché quelque part en Afrique, vous serez ébahis. Ces adjectifs que vous avez adoptés se bousculeront tout à coup dans votre tête, devenant des milliers.

Un cocktail puissant de clameurs, un patchwork d’odeurs, d’humeurs, de musiques gagneront vos sens sur l’instant. Fierté d’un véhicule rutilant ici, pas nonchalant de l’âne là, cris des marchandes, regard perdu d’un mendiant, poulets efflanqués picorant sous les étals, chèvres effrontées grimpant partout, l’œil est sans cesse sollicité. Les silhouettes bigarrées s’affairent, les mouches profitent de l’aubaine. L’odeur âcre du lait voisine avec l’arôme sucré des pâtes d’arachide. L’ouïe n’est pas en reste : rythme au hasard d’un transistor sur l’épaule d’un passant, appel des animaux, rires des enfants.

Besoin de sandales, de peignes, de cahiers ou de cuvettes émaillées : tout est là… vertige incessant. Feu d’artifice permanent, manège constant.

La misère éclate, dans ce grand fourmillement.

Qui disait : « Les Africains sont… » ? Ils sont vivants, tout simplement.