Lundi 4 octobre 2010

 

Automne

 

ah, voici revenu une saison que j’aime

une lumière adoucie sur les rangées de vigne

tandis que le train file vers Toulouse

où s’en va le brouillard, quand il quitte la rivière ?

Mon oeil se repose après l’été violent

nous irons dans les bois, champignons et châtaignes

et retour au logis : une flambée chatoyante, et le thé, brûlant.

 

Sur une anecdote survenue le week end

 

c’est un dimanche de début d’octobre. Les cloches de la Collégiale s’époumonent pour se faire entendre malgré les rafales du vent d’autan.

Les vent des fous- qui se lève… un peu plus tôt que moi. Il faut aller chercher la pain. Je sors donc. Sur le seuil je reçois, en même temps qu’une bouffée d’haleine chaude, une large rousse feuille de platane qui vient se plaquer sur mon bras. Des feuilles et des papiers ont échoués sur les marches de la fontaine. C’est un bonheur ! Le vent est sous ma jupe, je suis toujours en jupe. Partout les volets mal accrochés claquent . Je traverse la ville sous les applaudissements.

 

Le point de vue du vent

 

le vent d’autan dormait depuis bien longtemps. En ce dimanche matin d’automne, il s’est dit que cela suffisait, et il a choisi Villefranche de Rouergue pour s’amuser un peu. Tout d’abord, des rafales autour du clocher histoire de concurrencer les cloches. Et puis un grand un grand coup de balai et, oust, les feuilles, les papiers, les pubs, les mots d’amour…à la fontaine !

« tiens, voilà la dame de la maison aux volets verts qui sort ! Je vais lui envoyer une bouffée de douceur et un message craquant : une belle feuille de platane qui va atterrir sur sa manche.. Tiens, elle regarde autour et sourit. Je vais la suivre, en ronflant par les rues et ruelles. ..Je vais même oser un souffle sous sa longue et large jupe noire, juste quand elle va passer sur le pont vieux, et même, tiens, tout au long de son parcours, je vais faire claquer tous les volets mal accrochés. Elle pensera qu’on l’applaudit et se demandera bien pourquoi.

 

Le point de vue de la feuille.

 

Je suis une grande feuille de platane. J’ai vécu tout le printemps, tout l’été, pimpante, au St Jean. L’automne est venu qui m’a roussie, mais je suis encore belle, large, dentelée, finement nervurée. Je m’accrochais encore à mon arbre quand le vent d’autan est arrivé. Je l’avais oublié celui là ! Sur le coup de 10h30, en ce dimanche, il m’a brutalement arrachée de ma branche. Mais je ne suis pas tombée. Prise dans la rafale, soulevée, chahutée, j’ai du prendre, contre mon gré, la rue du Sénéchal puis la ruelle qui débouche place de la fontaine. Et là, tandis que les cloches carillonnaient allégrement, j’ai vu ma dernière heure venue. Je me suis retrouvée plaquée contre la manche d’un gilet noir, ma foi plutôt douillet. La propriétaire du gilet a du me trouver sympa, car je l’ai vue sourire… et alors j’ai chutté en douceur. Une nouvelle rafale m’a envoyée rejoindre quelques consoeurs, sur les marches de la Fontaine. J’ai su après, par des feuilles de tilleul arrivées de l’autre bout de la ville, que la dame au gilet noir avait acheté un pain, au marché. Certaines ont ajouté& qu’à son passage, dans les rues, les volets applaudissaient, mais celle là racontent n’importe quoi. Ce sont des feuilles folles.

 

Le point de vue des volets.

Il y a 2 sortes de volets. Les volets accrochés et les volets pas accrochés. Les uns sont sages, ne bronchent pas, même pas un dimanche de vent d’autan. Les autres s’en donnent à coeur joie… surtout par un vent d’autan. Ca flanque, ça claque, ça grince, ça se rabat sur le mur, côté gauche puis côté droit. ça hésite un peu, ça se repose, et ça repart.. vacarme !

Une femme en noir traverse la ville. Par rues et ruelles elle avance, savourant le vent?

Les volets reprennent de plus belle.

Ils ricanent entre eux «  qu’elle n’aille pas s’imaginer qu’on applaudit ».

 

 

le 18 octobre

 

avec la lettre P

Pascal Pierre Pauline partagent parapluie. Pourquoi ? Pourquoi pas ?

 

Évoquer un lieu une ambiance réelle ou imaginaire et les gens qui y vivent

 

si vous acceptez de remonter le temps, suivez moi jusqu’à la ruelle de la monnaie, dans ce quartier de Villefranche où, du 13è au 16ème siècle, on a battu monnaie… rue de trésorerie, ruelle des changeurs.

J’ouvre un portail rouge et l’aventure commence. Nous sommes en l’an 1518.

dans la cour pavée des galets de l’Aveyron, deux chevaux attachés à des anneaux de fer scellés dans le mur, se restaurent placidement. La porte de la tour est surmontée d’un blason : o,il est aux armes de Noble Bertrand de Marcillac. Alors que nous poussons le battant de bois finement sculpté, une servante s’apprête à sortir. C’est une jeune campagnarde aux joues rouges qui porte, calé sur sa hanche, un grand panier de linge qu’elle s’en va laver à la fontaine… Nous attaquerons les marches de pierre de l’escalier en vis. Les fenêtre à meneaux laissent largement passer la lumière. On entend les bruits de conversations venus des étages, des entrechoquements de vaisselle et une douce mélodie, chantée quelque part, par une voix pure..

Deux enfants jouent dans la galerie étroite qui relie les deux ailes de la demeure de L’ombre des colonnes nouvellement posées à la mode italienne » s ‘allonge sur les carreaux de terre cuite où les garçons font tourner une toupie de bois.

Si nous poussions la porte de la salle haute, nous découvririons Bertrand de Marcillac assis à sa table de travail, compulsant les comptes de sa seigneurie de la Bastide de Capdenac.

 

Madeleine