trois amies de longue date.

L’une d’elles avait créé une association de soutien à un village africain. Les autres avaient adhéré. Espoirs, bonheurs, mais aussi soucis et doutes étaient au rendez-vous !

Voilà l’équipe de nos trois complices réunie. « Il faut vraiment rassembler nos savoir-faire pour récolter de l’argent », dit Myriam.

Après un moment de réflexion, Claudia lança : « Pourquoi ne pas monter notre atelier de couture ? Nous avons toutes trois de solides notions dans ce domaine ? »

– « Oui, mais la confection, c’est risqué ! On trouve maintenant tant de vêtements à des prix dérisoires partout », fit observer Marie.

– « Bien sûr ! Mais nous sommes capables de créer des modèles uniques, non ? »

Quelques jours plus tard, penchées sur leurs machines à coudre, en vis-à-vis sur une table improvisée, les voici à l’œuvre : on coupait, taillait, assemblait, l’excitation était à son comble ! La création naissait et le « style » des créatrices improvisées s’affirmait.

Après les chapeaux et les vêtements d’enfants, des bandeaux, des sacs…

« Regardez ! disait Claudia, regardez mon bouquet… »

Dentelles, tissu et bouton : une magnifique broche était créée.

« Aïe ! Aïe ! s’écria soudain Marie, que n’ai-je protégé mon doigt par un dé ? »

Une goutte de sang avait perlé à l’extrémité de son index, et gagnait le petit bout de tissu immaculé. Elle s’aplatit, s’élargissant un peu plus.

« Mon chef d’œuvre ! » s’exclama Marie, dépitée, avant d’avoir l’impression de s’assoupir…

L’instant d’après, elle entendit une petite voix disant : « Merci à toi ! »

Un petit lutin noir, vêtu d’un boubou multicolore, dansait au beau milieu de la tache écarlate. « Merci Marie ! » répéta-t-il.

Marie eut la vision d’un enfant allongé sur sa natte dans une case d’un village de brousse, les yeux brillants de la fièvre due au paludisme, tremblant, les mains tendues pour recevoir le médicament qui allait le sauver.

Alors, elle se réveilla en sursaut : « Allez, mes amies, continuons ! On nous attend ! »

Mariejo, décembre 2011