Le cinéma de mon enfance

Le dimanche après-midi, mes grands frères et grandes sœurs allaient au patronage. Le Curé y organisait une séance de cinéma. La salle se remplissait très tôt. Seules les grandes personnes payaient un droit d’entrée. Les enfants se faufilaient entre les adultes, pour prendre place au premier rang. Le bruit des bancs et des chaises emplissait l’espace et l’on se sentait entouré d’une grande famille.

Le dimanche, les gens portaient des habits propres, soignés, parfumés. Cela donnait un air de fête.

C’était l’été. Des rayons de soleil filtraient par les volets disjoints et découpaient la pièce en tranches sombres. La poussière scintillait dans les rais de lumière.

Dans ce lieu confiné, on se rencontrait, on se bousculait. Les discussions allaient bon train. Les cris des enfants perçaient le brouhaha de la foule.

Puis l’appareil de projection démarrait. Le bruit mécanique, ce cliquetis tellement attendu, s’imposait, couvrant les derniers chuchotements.

Le silence s’installait dans la foule. Place au cinématographe.

Casimir, novembre 2010

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